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Citons
notamment l'initiative de l'asbl Cliniclowns,
qui dépêche dans des hôpitaux, des
clowns pour mettre du baume au cœur des enfants
hospitalisés, généralement gravement
malades. Paolo Doss est clown lui aussi. Il anime depuis
1989 (il a été un pionnier) des stages
au thème évocateur: «Retrouver
son clown intérieur». Les personnes
qui fréquentent ces stages viennent de tous les
horizons. Jeunes et moins jeunes, chômeurs ou
cadres d'entreprise. Leur seul point commun: ils ont
perdu la faculté de rire, de se laisser aller.
Paolo Doss: «Certaines personnes viennent
parce que c'est la mode, d'autres pour être plus
à l'aise dans le cadre de leur profession, d'autres
encore parce qu'ils ont envie de faire rire leur entourage.»
«Le rire est capital parce que c'est une tension
qui sort, c'est une soupape, un exutoire. C'est une
émotion très proche des larmes en fait.
D'ailleurs ne dit-on pas pleurer de rire et rire
aux larmes ? Je voudrais apprendre aux gens à
utiliser le rire comme soupape beaucoup plus tôt
dans les situations de tous les jours, avant la crise
de larmes justement. Partir d'un rire libérateur
facilite en effet bien des choses. Mais pour cela, il
faut pouvoir être capable de rire de soi-même:
c'est la base même du jeu clownesque.»
Paolo Doss n'apprécie guère qu'on utilise
le terme thérapie: «Aujourd'hui, tout le
monde peut s' auto-proclamer «thérapeute».
Certaines personnes viennent suivre les stages de clown
dans l'espoir que je les guérisse de je ne sais
quel mal. Je leur réponds toujours qu'ils ne
pourront se guérir que si c'est là leur
désir. Le rire et le jeu clownesque ne sont que
des outils pour y arriver. En ce qui me concerne, je
ne livre aucun certificat de guérison et je ne
connais aucun clown ayant guéri un enfant d'un
cancer ou d'une leucémie. Chacun sa spécialité!
»
Pourquoi perd-on notre faculté à rire
en grandissant? «Parce qu'on commence à
se prendre au sérieux. L'adulte a perdu son étonnement
face à la vie. L'enfant, s'il a envie de tenir
un discours à un arbre ou à son nounours,
va le faire. L'adulte, non. Le clown, c'est l'enfant
que l'on a en soi. Lui aussi, s'il a envie de dire à
une femme dans la rue qu'il la trouve belle, va le faire
sans hésiter une seule seconde. Retrouver le
rire, c'est retrouver l'amour que l'on a en soi car
le rire est le véhicule privilégié
de l'amour. D'ailleurs, ne dit-on pas que pour séduire
une femme, il suffit de la faire rue... »
K.A. Paolo Doss, (02) 771.56.58.
"notre temps" N°88-MAI 1995
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